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Nadal a eu le dernier mot

Nadal© Getty Images

Andy Murray, ainsi que les 10 000 spectateurs du central du M.C.C.C et l’ensemble des passionnés du tennis peuvent dire un grand merci à Edward Calvin Kendall et Tadeus Reichstein. Car en 1935, ce binôme américano-suisse a inventé la cortisone. Sans une injection de cette hormone aux vertus anti-inflammatoires reconnues, Andy Murray aurait sans doute déclaré forfait avant sa demi-finale du Monte-Carlo Rolex Masters contre Rafael Nadal. « J’ai un petit bout d’os qui s’est détaché dans mon coude droit, expliqua l’Ecossais. La douleur était forte après mon quart de finale contre Gil et encore plus lors de mon échauffement avant la demi-finale. Les médecins du tournoi m’ont proposé une infiltration pour jouer. »

C’est ainsi que le choc Nadal-Murray démarra avec une vingtaine de minutes de retard. A ce moment-là, certains pariaient déjà sur le nombre de jeux que Murray allait glaner contre Rafa. Et bien 2h58 plus tard, si le sextuple tenant du titre venait bien de décrocher son billet pour une septième finale de suite en Principauté (6-4, 2-6, 6-1), tout le monde applaudissait la prestation de l’Ecossais.

Car rarement, ces dernières années, le meilleur joueur de tous les temps sur terre battue (selon la quasi-totalité des joueurs du circuit) aura autant été malmené, bougé, bousculé, ballotté, dominé sur son terrain de jeu favori. Breaké d’entrée, il sembla pourtant prendre rapidement la mesure de Murray en se détachant 4-1. Mais il jouait déjà court et servait moyennement. S’il remporta la première manche 6-4 en 69 minutes, il était loin de dominer les débats.

Car en face, Andy Murray étalait toute la panoplie de ce qu’il faudrait faire contre Rafa sur terre. Servant régulièrement au-dessus des 200 km/h, prenant la balle tôt, refusant de reculer, trouvant des angles dantesques notamment côté revers, n’hésitant pas à distiller de pernicieuses amorties, contrant allègrement son adversaire sur son coup fort, le coup droit, Murray jouait avec le taureau de Manacor comme un chat avec une petite souris. Et c’est fort logiquement qu’il s’empara du deuxième set 6-2 en 71 minutes, le premier concédé par Nadal à Monte-Carlo depuis celui abandonné contre Novak Djokovic en finale de l’édition 2009. Lorsque Nadal « renonça » même à se battre sur les deux derniers jeux du set, on se pinça pour être sûr de ne pas rêver.

Invaincu depuis 35 matches à Monte-Carlo (sa seule défaite remonte à 2003, contre Guillermo Coria), Nadal allait-il tomber ? Bondissant de son banc bien avant le « time » de l’arbitre, le Majorquin donna tout de suite une indication. Quelques minutes plus tard, le tableau de score affichait  3-0 en sa faveur tandis que Murray se faisait masser le coude. Le match était plié. « Le moment crucial a été l’entame du troisième set, avança Nadal après la rencontre. Andy a été fantastique aujourd’hui. Il sert bien, bouge bien, son revers est très efficace, il est très intellingent et ce n'est pas étonnant qu'il brille sur terre battue également. Mais je suis vraiment heureux d’avoir gagné. » Revigoré, on le vit même asséner quelques monstrueux coups droit gagnants pour boucler l’affaire. " A 5-1 au dernier set, j'ai fait un jeu parfait avec mon coup droit, avança-t-il. C'est comme ça que je dois l'utiliser si je veux gagner la finale. Parce que sur le reste du match, je n'ai vraiment pas été bon sur ce plan là. Pas bon du tout." 

Nadal n’est donc pas invincible. Mais la molécule qui en viendra à bout n’a pas encore été découverte.

 

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