Press Conference
Andy Murray Samedi Conference de Presse
Monte-Carlo, Monaco
par ATP Staff
|16.04.2011
R. NADAL/A. Murray
6/4, 2/6, 6/1
Interview de Andy MURRAY
Q. J’imagine que vous avez un gout doux-amer dans la bouche après avoir joué des coups sensationnels tout en ayant apparemment des problèmes au coude, peut-être pendant tout le match ?
R. La journée a été difficile pour moi. Jusqu’à 15h05, je ne savais pas encore si j’allais jouer. On m’a fait une piqure de cortisone, je crois, pour anesthésier mon coude avant le match. Je n’ai jamais de problèmes à mon coude jusqu’à présent. Hier, au début du deuxième set, j’ai senti quelque chose. J’ai réussi à finir le match. La sensation était vers l’intérieur du bras. Ce matin, je me suis échauffé sans problème, puis j’ai voulu faire des services, et je n’ai pas pu. Mais je ne savais pas ce qu’il y avait. Je n’ai vu le médecin qu’à 14h20. Le médecin assistant avait fait une échographie à 13h30 et avait dit qu’il ne voyait rien. Le médecin est venu vérifier. La décision de faire une piqure a été prise à 14h45. Je suis allé m’entrainer à 15h00, pour voir si je pouvais jouer. Mon coude était engourdi, donc je ne sentais rien. Par la suite, je ne sais pas si la piqure a cessé de faire effet, mais au bout de deux heures quarante de match, je recommencé à avoir mal. On ne peut pas dire que j’ai eu mal tout le long. Je suis content d’avoir fait tout ce que je pouvais, mais je sais que je peux mieux jouer. C’est décevant, parce que je jouais bien. On verra comment ira mon coude demain, et on avisera.
Q. Quel a été le diagnostic du médecin ?
R. Je dois passer un IRM demain. Je crois que c’est un petit morceau d’os qui se ballade dans mon coude. C’est moins grave que cela n’en a l’air. C’est l’os qui bouge dans l’articulation. Chaque fois que je plie le bras, j’entends un déclic. Juste maintenant, cela ne se produit pas, mais j’ai l’impression d’avoir un hématome, à cause des piqures. Je pense qu’il y a du sang là-dedans… Je suis content d’avoir réussi à jouer. J’aurai par contre aimé pouvoir finir le match un peu mieux. L’inverse s’était déjà lorsque j’ai joué contre Rafa et qu’il a eu des problèmes à la fin. On veut toujours essayer de finir le match dans ces cas-là.
Q. La décision de faire la piqure était-elle un peu effrayante ?
R. Je ne l’avais jamais fait avant. Et comme c’était si tard, j’étais vraiment inquiet. J’étais assez tendu. Je ne l’avais jamais fait, comme je vous le disais, et je ne savais comment mon bras allait réagir. Le médecin m’a dit que même si je n’avais pas à jouer ce match, la piqure serait tout de même conseillée. Il proposait une injection de cortisone comme anti-inflammatoire pour calmer la douleur. J’ai donc décidé de faire la piqure au dernier moment, et de faire quelques balles pour voir si je pouvais jouer. Comme mon bras était endormi, je ne sentais pratiquement rien. Mais c’est assez difficile de servir avec un coude engourdi…
Q. Vu tout cela, vous devez être content de la manière dont vous avez joué ?
R. Oui. En fait, j’ai joué OK. Ce n’est pas comme si mon coude me faisait mal. Je pouvais servir fort, mais je ressentais une petite appréhension, car lorsqu’on s’attend à avoir mal, c’est souvent pire que la douleur elle-même. Je n’ai rien senti, sauf quand je pliais le bras. Il y a un hématome sûrement. Au troisième set, juste au premier point, le petit clic a recommencé. J’ai eu la même chose hier. Entre le premier et le deuxième set, je n’ai pas touché une balle. Je me suis levé de la chaise, et j’ai immédiatement fait : « Aïe » !! Je ne savais pas ce que c’était. Entre les sets, j’ai eu la même chose. Je ne sais pas si c’est une question d’adrénaline ou autre chose, mais quand je me refroidissais, je sentais à nouveau quelque chose. Je n’ai pas paniqué, mais…. Je suis sûr que Rafa vous confirmera que quand on a une blessure, on a du mal à se concentrer. Surtout que contre un joueur comme lui, il faut se concentrer sur absolument chaque point. On ne peut pas laisser tomber certains jeux en espérant garder son service. Il faut joueur à fond chaque point pour lui mettre la pression. Etre mené 2/0 dès le début n’est pas génial !
Q. Que faisiez-vous bien tactiquement contre lui ?
R. Je me montrais patient. Je jouais des balles qui rebondissaient haut ; quand on joue Rafa sur ces courts avec des balles à plat, c’est lui qui domine l’échange. J’ai pu jouer des balles hautes et quand il jouait un peu court, j’avançais pour jouer les angles. Dans le deuxième set, j’ai bien réussi à assurer mon service. Les jeux qui m’ont déçu, dans ce match, étaient ceux de 4/4, et 5/4 dans le premier set. Je les ai mal joué. J’ai changé ma manière de jouer à 5/4. J’ai trop attaqué. Mais tactiquement, ce match a été correct, même si je peux mieux jouer.
Q. Quelques jeux étaient extraordinairement longs, mais alors que Rafa gagne en général ces jeux, aujours’hui, c’est vous qui les gagniez. Cela a bien reflété votre patience ?
R. C’est ce que j’essayais d’expliquer lorsque je disais qu’il fallait jouer chaque point sans exception contre lui. On ne peut pas se permettre de perdre sa concentration. On ne peut faire de cadeau. Il y a eu quatre ou cinq jeux où il y a eu 6 ou 7 égalités. Surtout dans le deuxième set, j’ai réussi à remporter ces jeux-là. Quelque fois, c’est pour vous, d’autres fois, c’est pour l’adversaire. Contre lui, il faut gagner ces jeux. Il faut accepter que les points soient extrêmement longs. Il retourne particulièrement bien sur terre battue. Il arrive à renvoyer pratiquement tous les services. C’est dur de lui faire des aces. Je pense que c’est une des choses qu’il fait mieux sur terre battue que sur dur. Il retourne vraiment très bien.
Q. Vous vouliez recevoir un traitement après le deuxième jeu du dernier. Aparemment, il y a eu une discussion avec l’arbitre : ne voulait-il pas vous accorder ce traitement ?
R. Je ne connaissais pas la règle. Aparemment, si votre blessure existe avant d’entrer sur le court, vous n’avez pas droit au soigneur. Mais je ne sais pas comment l’arbitre peut le savoir. Si je me suis fait soigner en dehors du club par un autre docteur, il n’a aucune raison de le savoir. Personne ne raconte à l’arbitre avant le match comment il se sent, ce qui fait mal, ce qui ne fait pas mal… Après le premier point du deuxième jeu, j’ai demandé le soigneur et il a dit oui. Mais je suis allé m’assoir, il a dit non, il faut attendre le changement de coté, parce que c’est une blessure antérieure au match. Et voilà.
Q. Etre si proche du niveau de Nadal sur terre battue est une bonne nouvelle pour les prochaines semaines ?
R. J’ai trouvé que c’était un bon match. J’aurai aimé faire mieux. Je pense pouvoir jouer mieux que cela. Mais c’est bien de savoir qu’on peut jouer au même niveau que lui sur terre battue. Mais pour gagner, il faut le faire pendant trois ou quatre heures. Les matches qu’il a perdu ces dernières années sur terre ont toujours été longs. Il n’est pas le meilleur joueur du monde sur terre battue pour rien. C’est bien d’être proche de son niveau, mais je veux jouer mieux que cela. Si je veux le battre, il le faut, parce qu’il va encore améliorer son jeu sur terre battue au fur et à mesure des matches.
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